Les Âmes Croisées

Jeu de RPG pour ceux qui ont toujours voulu faire partie du monde Des Âmes Croisées de Pierre Bottero
 
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 Un roman... Sans titre bien sûr.

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Calypso
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MessageSujet: Un roman... Sans titre bien sûr.   Sam 25 Juin - 8:31

Donc il y a un an j'ai commencé à rédiger un roman... on, ce n'est pas extraordinaire, pour l'instant il y a quatre chapitres de tappés et sept de crée. Donc voilà le prologue, vous me direz ce que vous en pensez !


Prologue :
--Recueil de contes natifs--

La plupart des scientifiques affirmeront que l'homme descend de l'homme de Cro-Magnons, qui lui même descend des singes, et tout le tralala qui suit. Mais la vérité est tout autre. L'histoire a bien fait évoluer le singe, pour le transformer en deux races différentes : les Cro-Magnons et les Aînés. Les premiers étaient très primitifs, des animaux comme les autres, qui essayaient de penser, qui venaient à peine de découvrir le feu, et qui essayaient de survivre comme ils pouvaient. Les seconds, quand à eux, étaient une espèce évoluée, qui s'occupait de son hygiène, qui écrivait et inventait des objets utiles. Le seul point commun de ses deux races était le fait qu'ils se détestaient mutuellement. Les scientifiques, en voyant cette histoire, me traiteront de menteur, bien sur. Mais vous, personne ne vous oblige à les croire ! Écoutez donc ma version des faits. Ces deux civilisations se côtoyaient donc, se méprisant, mais sans jamais faire la guerre, car les Aînés étaient trop évolués pour se rabaisser à une telle atrocité. La situation n'évoluait donc pas vraiment... Jusqu'au jour où une grande vague de froid arriva sur la Terre de l'époque. Et là, étrangement, ce furent les Aînés qui en souffrirent le plus. Car ils n'étaient pas très résistant, eux qui pensaient avant d'agir, eux qui ne chassaient pratiquement plus, et qui n'avaient pas une grande descendance, contrairement aux Cro-Magnons. Et c'est là que pour la première fois, les Aînés se retrouvèrent en position de faiblesse. Les Cro-Magnons, qui n'étaient pas bête au point de manquer cette superbe occasion, attaquèrent. Ce fut un massacre. Et à l'issue de la guerre, il ne resta plus qu’une petite poignée d'Aînés. Les hommes primitifs firent alors une chose qui finalement peut nous faire réfléchir sur le fait qu'ils soient des êtres sous-évolués. Ils allèrent vers les survivants, et ils s'excusèrent, leur promettant de les aider à l'avenir pour se faire pardonner. Cette histoire aurait put finir ainsi. Une belle fin, une amitié, une solidarité... Mais le destin semblait en vouloir autrement. Le froid, au lieu de se calmer, s'accentua. Et tous les hommes se firent décimer. Ils étaient affaiblis par le froid, la guerre, la famine... Et la race menaçait de s'éteindre définitivement. Alors, les quelques Aînés restant décidèrent de se retirer et de prier pour le salut des hommes. Trois jours durant, ils jeunèrent et méditèrent de toute leur âme. Et l'impossible se produisit. Trois d'entre eux transformèrent leur ADN, et se métamorphosèrent, l'un en tigre, l'autre en renne, et le dernier en ours. Grâce à leurs nouveaux pouvoirs, ils réussirent à trouver des abris pour les deux races différentes, et de la nourriture malgré la couche épaisse de neige. Les deux types d'hommes prospéraient, et très vite décidèrent de s'unir en une race commune. Et pendant ce temps, les pouvoirs des trois hommes qui avaient sauvés l'humanité augmentaient, et ils constatèrent que leur descendance possédait elle aussi ces dons. Ils se nommèrent alors, pour se distinguer du commun des mortels, les TriAnimus, ou les trois esprits liés. Hélas, le problème avec notre race, c'est que dès que quelqu'un possède un pouvoir, il suscite tout de suite des jalousies ou des méfiances. C'est ainsi que la tribu des Hommes décida que les TriAnimus étaient devenu un danger, et ils les prirent par surprise, et les tuèrent tous, laissant les hommes seuls maître de leur destin, sans aucun parasite pour les gêner.
Mais aujourd'hui est un autre jour, et bizarrement, le mot « aucun » a disparu à tout jamais de notre vocabulaire...

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Jeune blanc bec repue de ta gloire,
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Pauvre barbare fougueuse et tendre
Qui touche à mes lauriers...


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March

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MessageSujet: Re: Un roman... Sans titre bien sûr.   Mar 2 Aoû - 14:13

ça a l'air plutot cool ^^
Mais.... Tu mets pas la suite... ?
ça fait plus d'un mois que cet article a été publié... ^^'
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Aryane
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MessageSujet: Re: Un roman... Sans titre bien sûr.   Mer 3 Aoû - 18:10

Chapitre 1
--En français, les débats font rage !--

Peut-être ne le saviez vous pas... En fait non, reprenons.. Vous ne le saviez pas, et on ne peut pas vraiment vous le reprocher... Bref, dans la ville de Grand-Charmont, située en périphérie de Montbéliard, il y a un collège. Enfin, c'est un bien grand mot, « collège ». Deux classes de chaque niveau, des locaux qui sont sur le point de s'effondrer, des bâtiments marrons à l'ancienne... Chaque jour, Louise se demandait ce qu'elle faisait dans ce trou perdu. Elle était scolarisée dans un collège de ZEP, alors que, sans mentir, elle avait de très bons résultats. Elle passait ses journées dans une classe de troisième ou la moitié des élèves étaient considérés comme délinquants juvéniles qui séchaient un cours sur deux. Mais bon, à la longue, elle s'était accoutumée à subir cette existence morne et sans intérêt.

Ce lundi de mai, il pleuvait sur la petite ville de Grand-Charmont. Pourtant, comme chaque matin, tout les élèves sortaient leur parapluie, et allaient braver le mauvais temps pour arriver au couvert de l'arrêt de bus qui desservait le collège. Elle même n'échappait pas à la règle. Ce lundi matin donc, elle marchait d'un pas maussade vers l'arrêt. Elle aurait pu monter à pied, mais la pluie et la flemme l'en empêchaient. Elle salua très brièvement un groupe de quatrième, et se dirigea instantanément vers deux jeunes filles, à l'écart du reste des élèves. Un petit sourire apparut sur ses lèvres : elle ne pouvait s'empêcher de rigoler quand elle voyait ses deux amies, qui étaient ce qu'elle avait toujours rêvé d'être, joyeuse, innocente, et dansant leur vie. Et elle était toujours joyeusement étonnée de les voir si animée le matin. Surtout Carla. Elle bavardait avec animation avec Anaïs, qui paraissait aussi réveillée qu'elle... Elle décida tout de suite de s'incruster dans leur petite conversation routinière. En fait, de toute façon, avec Carla, elle ne pouvait que se taire et écouter, puisque celle ci mobilisait tout le temps de parole. Mais Louise avait appris à trouver des failles dans la conversation, pour glisser une petite phrase, et c'est ainsi qu'elle annonça en riant à Carla :
Hey, Miss ! On est lundi, et j'aimerais bien finir ma nuit. Sans vouloir te vexer, bien sur !

Celle ci rigola un bon coup, et lui fit la bise, suivit de près par Anaïs. Puis, jusqu'à l'arrivée du bus, le trio rigola, et bavarda avidement. Mais arrivées au collège, leur enthousiasme retomba progressivement : elles venaient de se rappeler que le lundi matin, elles avaient deux heures de français pour commencer en beauté la journée. Pour Louise, qui aimait depuis toujours écrire, cela ne posait pas de gros problème, mais pour les deux autres commères, qui ne supportait que le cour d'art plastique, c'était un cour ennuyeux et qui n'en finissait jamais... Et en plus, les blagues de notre prof, Mr Nardent, portaient souvent sur elles. Louise trouvait les cours de ce prof très bien fait, et elle avait beaucoup progressé sous sa tutelle. Pourtant, en cette fin d'année, elle commençait à s'ennuyer ferme, et le brevet qui approchait la laissait de marbre.

Une fois en classe, ils prirent place, attendant avec impatience l'autorisation de s'assoir, qui vint juste après. Le cour commença comme d'habitude. Lotfi, un garçon de la classe, demanda rituellement sur quoi allait porter le cours. Louise fut alors surprise. Elle s'attendait à une étude d'un poème, chose qu'elle adorait par dessus tout, lorsque Mr Nardent annonça qu'ils allaient travailler sur un conte natif, d'un auteur inconnu. Il leur en distribua un passage, et elle constata que la photocopie avait encore fait des miracles... A côté d'elle, Anaïs laissa échapper un petit ricanement, et elle sourit : son amie aimait toujours se moquer des finances du collège, qui ne pouvait pas se payer une photocopieuse qui sache rendre quelque chose de potable. Puis Anaïs mis sa tête entre ses bras, et comme à chaque heure de français, s'apprêta à faire la sieste. Louise lui murmura :
Il faudrait quand même que tu suives parfois... Tu vas arriver au contrôle, et tu vas encore te plaindre, et dire que tu ne sais rien.
Et celle ci, comme à chaque fois, lui répondit :
T'inquiète, je copierais sur toi au pire !

Elle poussa un soupir de désespoir, mais que pouvait-elle faire de plus... Elle parcourut très rapidement le texte que le prof venait de donner... Bah, rien de bien extraordinaire. C'était juste un conte natif, et elle détestait. Déformer l'Histoire pour inventer des bêtises dans nom... Surtout dans ce texte ! Des hommes qui se métamorphosaient, des Aînés ? Ridicule. Et le nom, TriAnimus, n'avait pas du être cherché longtemps par l'auteur. Même elle, simple collégienne, parvenait à le comprendre : Tri comme trois, et Animus du latin esprit. Et bien, l'heure promettait d'être ennuyante. Le prof prit la parole, et annonça :
Aujourd'hui, nous allons faire un débat sur ce texte. Chacun peut s'exprimer, mais sans couper la parole aux autres.
Il y eut quelques oui, des soupirs, des moqueries, mais rien qui laissait penser que le débat serait d'un grand intérêt. En même temps, avec une classe comme celle ci, que pouvait-on attendre d'autre ? Les quelques intellos, dont, à son grand regret, elle faisait partit, n'étaient que quatre, et tous se reposaient sur eux. Mais bon, elle n'était pas mise à l'écart à cause de ses bons résultats, au contraire, et elle s'entendait avec tout le monde dans la classe. Dans cette 3°A, il y avait aussi des fauteurs de trouble, qui frôlaient les cinq de moyenne, et qui faisaient tout pour grappiller quelques points ici et là... Et puis il y avait tout ceux qui, comme Anaïs ou Carla, étaient « pacifiques ». Ils ne faisaient jamais rien, restant assis sur leur chaise à attendre que le temps passe... Enfin, voilà, avec une classe comme celle ci, que voulez vous faire, sinon entrer dans un laxisme impressionnant ?

Mr Nardent toussota, et commença à discourir à propos du texte. Il posa des questions qui portaient avant tout sur le style, les phrases, le vocabulaire, et la construction du texte. Louise ferma brièvement les yeux. Elle ne participait jamais à cette partie où elle connaissait déjà les réponses, laissant Aylin et Mélissa s'en charger. Elles étaient inséparables, et très douées en français. Elle, elle attendait patiemment la deuxième heure, où là, on parlerait plutôt des questions de sens. Mr Nardent lui jeta un regard surpris. Il s'attendait toujours à ce qu'elle aide à faire avancer les discutions. Au début de l'année, elle se prêtait joyeusement au jeux, mais là, elle en avait assez, et regard surpris ou pas elle n'allait pas changer d'avis.

Il fallut attendre un heure et demi avant que la discussion ne glisse vers le sens. Là, le prof de français se leva, et fit un petit sondage :
Simple question, qui trouve ce texte intéressant, et digne d'intérêt ? Ou, pour faire plus simple, qui aime cet extrait intéressant ?
Un bon nombre de mains se levèrent. Pas celle de Louise. Elle n'aimait pas ce texte, et n'allait pas lever la main juste pour faire plaisir à son prof. Elle compta rapidement le nombre de mains levée : quatorze, dont celle de Aylin. Elle se mordit la lèvre : gagner le débat risquait d'être dur, mais n'était pas impossible.
Merci. Vous pouvez baisser les mains maintenant. Et qui pense le contraire et n'apprécie pas ce texte natif ?
Louise leva immédiatement sa main. Puis, elle regarda autour d'elle. Ils étaient juste trois de cet avis. Pas énorme. Elle pouvait essayer d'en convaincre certain, ce ne serait pas très difficile. Le reste de la classe n'avait pas d'avis. Mr Nardent soupira. Il espérait sûrement un débat constructif et argumenté, ou les deux camps opposés seraient égaux... Le pauvre. Il décida de laisser aux élèves quelques minutes pour trouver des arguments appuyant leur point de vue. Puis, il donna le départ de la « joute verbale », comme il aimait l'appeler. Enfin, il faut dire qu'il n'en avait pas fait depuis longtemps, car la dernière fois, Islem et Farid s'étaient battus en criant que l'autre avait tort. Mais cette fois, le problème ne risquait pas de se poser, puisque Farid était absent et Islem dormait au fond de la classe. Mr Nardent demanda à l'autre camps de commencer à exposer ses arguments. La plupart donnèrent des idées reçues, ou même des arguments qui étaient très faciles à contrer. Puis ce fut à Aylin de parler, et là, Louise commença à se demander contre quoi elle allait sérieusement devoir se défendre...
Moi, j'aime cet extrait. Il n'est pas irréalisable, et même si il n'est pas d'un style à toute épreuve, je pense qu'il y un sens plus profond qu'on pourrait le penser aux premiers abords.. Il montre de plus un bon exemple d'entraide, de pardon et d'amitié entre deux peuples. Et il essai de rendre plus proche l'Homme de la nature, pour montrer que nous même, si nous le voulons, pouvons fusionner d'une autre façon avec la nature, en la respectant par exemple.
Un petit instant de silence suivit sa tirade. Louise réfléchit à toute vitesse, constatant que les arguments de sa camarade n'étaient pas encore trop difficiles. Elle s'apprêtait à répliquer lorsque le prof reprit la parole, demandant à Aylin :
Qu'entend tu pas « pas irréalisable » ?
Et bien, si cela se trouve, c'est ainsi que s'est déroulée l'Histoire !

Il y eut quelques rire. Tout le monde savait très bien que les métamorphes n'avaient jamais existé. Aylin venait de se mettre dans de beau drap... Le prof se tourna alors vers Louise, il lui fit signe que son groupe pouvait contrattaquer maintenant. Il sembla à Louise que les deux autres ne semblaient pas super intéressés, alors elle prit la parole.
Je trouve que personne ne devrait écrire des idioties pareilles. L'Histoire est définie, des gens travaillent chaque jour pour nous permettre de savoir la vie de nos ancêtre. C'est insulter ses personnes que de modifier le cour des choses à tout bout de champs. De plus, versé du fantastique dans ce contexte est, je trouve, très déplacé, d'autant plus que ces Aînés on une tendance impressionnante à pardonner ! En tout cas, ce texte n'est pas ce que j'appellerais réussit.
Si Aylin arrivait à contrer ça ! Louise afficha un air sur d'elle, et attendit les bras croisés la réponse de sa camarade, car ce n'était plus deux équipes qui s'affrontaient, mais juste elle et Aylin. D'ailleurs, après quelques secondes de réflexions, celle ci lui répondit :
L'Histoire est fondée sur des théories. Personne n'a des preuves, et n'en aura jamais ! C'est pour ça que chacun est libre d'interpréter ce qu'il ou elle veut, et de s'inventer des ancêtres passés comme il le désire.
Encore un grand silence. Et cette fois, Louise sentit la défaite approcher. Elle n'arrivait pas à trouver comment contrer son amie. Mais pour rien au monde elle n'aurait avoué sa défaite...

Et là, il se passa quelque chose d'étrange, d'inexplicable. Louise avait toujours été d'un tempérament calme et patient. Pourtant, elle sentait grandir en elle une grande fureur, venue d'un lieu inconnu, qui semblait devenir incontrôlable. Comme si, en disant ces paroles, Aylin avait réveillé une bête noire et féroce tapie au fond d'elle. Son esprit l'incita alors a répondre, mais sa raison tira un signal d'alarme. Elle risquait à tout moment de s'emporter, et cette fureur qui grandissait l'empêchait de réfléchir correctement. Mais que lui arrivait-il ? C'était comme si elle avait soudain perdu l'usage de son corps. Comme si cette bête faite de rage avait pris en otage son corps. Elle eut soudain envie de se lever et de se frapper, mais elle n'avait plus de prise sur son être. Une voix sortit de sa bouche. Mais ce n'était pas sa voix, ou plutôt ce n'était pas Louise qui parlait, mais la chose qui avait envahie son espace personnel. Cette voix s'exprimait d'un ton posé et clame, mais tremblait d'un haine immense, et ses mots étaient comme des poignards qui s'enfonçaient dans les cœurs.
Si tout le monde invente des Histoires, nous pouvons donc tous nous dire mendiants et rois. Des hommes ont cherché, et si tu veux tant les contredire, engage toi dans des études d'histoire, je suis sure que tout le monde t'accueillera les bras ouvert ! Car en vérité, qui es-tu, Aylin, pour critiquer des hommes bien plus intelligents que toi ? Tu ne sais rien, alors tait toi !
Quand cette bête cruelle allait-elle se taire ? Louise se sentait complétement perdue... Sa bouche avait prononcée ces atrocités. Aylin tremblait. Elle était blessée au fond d'elle, et que ce soit Louise, une amie en qui elle avait confiance, qui lui ai lancé ces paroles à la figure lui donnait envie de pleurer. Louise espérai de toutes ses forces que cette fureur la quitte, mais elle ne semblait pas décidée. Il fallait que quelqu'un l'aide... Mais tout le monde était pétrifié. Même Mr Nardent.

Soudain, elle sentit une main se poser sur son épaule. Anaïs la regardait... Et son regard lui fit l'effet d'un électrochoc : il n'était ni surpris, ni apeuré, ni craintif, ni suspicieux... Il était jaloux. Enfin, c'est ce qu'il lui a semblé, car l'instant d'après, son amie détourna son regard, et à cet instant, elle sentit une grand vide en elle. Comme si brusquement, elle était devenue une simple poupée de chiffon, une coquille vide... La fureur l'avait quitté. Elle était à présent elle même, juste elle même, comme avant. Ou enfin... Presque. Car maintenant, à cause de cette maudite chose, elle se trouvait dans une situation un peu précaire, debout dans la classe, tout les regards tournés vers elle. Heureusement, la sonnerie la délivra, d'une série de « Pourquoi ? » et d'une heure de colle qui serait sûrement tombée une fois que Mr Nardent aurait repris conscience. Tout le monde sortit, et Louise suivit le mouvement. Elle n'avait maintenant qu'une envie : oublier cette matinée qui commençait vraiment bizarrement, et pas du tout positivement.

Jusqu'à la cour de récré, Anaïs et Carla firent comme si rien de c'était passé. Elles bavardèrent de tout et de rien, de la nullité du cour, du débat qui, encore une fois, n'avait rien donné... Et dès que le trio fut or de portée de voix, elles se tournèrent vers Louise, lui demandant d'un ton où se mêlait stupeur et contrariété :
Qu'est-ce qui t'as pris en Français ? Pourquoi tu as crié sur Aylin ?
Louise, qui jusqu'alors pensait que l'incident était clos, n'avait pas préparé de réponse à leur donner. Elle ne pouvait bien sur pas leur dire que quelque chose avait pris une place dans sa tête lors du débat, et qu'elle n'avait plus eu alors le contrôle de sa voix. Non, elle la prendrait pour une folle. Mais alors, comment leur dire sans leur mentir ? C'était bien sur impossible, et elle allait donc devoir briser leur serment de tout se dire, sans rien cacher ni omettre...
Je ne sais pas ce qui m'as pris... J'en ai eu raz le bol d'un coup, et j'ai eu envie de me défouler... Je m'en veux un peu, car c'est tombé sur Aylin, qui n'avait rien fait, à part défendre son point de vue.
Anaïs et Carla hochèrent la tête, mais Louise avait bien vu qu'elles n'étaient pas convaincue. Mais elles n'avaient pas d'autre choix, car elle ne leur en dirait pas plus. D'ailleurs, à la réponse d'Anaïs, elle comprit que le sujet était clos :
D'accord, mais évite de refaire un coup comme ça, la prochaine fois Mr Nardent risque de faire une crise cardiaque, et ce serait vraiment dommage, car on en pourrait plus dormir le lundi matin ! Non, je plaisante bien sur, mais tu penseras quand même à t'excuser auprès d'Aylin...
Bien sur, tu penses que je tiens vraiment à avoir Aylin parmi mes ennemis ? Je lui enverrais un mot en étude.
Mais on n'est pas censé avoir musique là ? Il y a bien un remplaçant, ou je me suis encore trompée ?

Et mince, elle l'avait complètement oublié, celui là. Ce n'était pas dramatique, elle enverrai le mot en musique. Si elle loupait trois seconde de cours pour écrire, il n'allait pas la tuer, ce remplaçant ! En plus, cela la tirerait de la monotonie des cours de musique. Car quand vous êtes pianiste, flûtiste et que vous pratiquez le solfège tout les jours chez vous, les cours de musique de troisième deviennent vite simples, voir enfantins. Et comme c'était le cas de Louise, elle passait souvent cette heure à dessiner sur son cahier. Même si, avec un remplaçant, elle pouvait espérer des cours plus construits et intéressants.

Après avoir vérifié le présence du remplaçant, les trois filles consultèrent leur montre, et constatèrent qu'il restait une bonne dizaine de minute. Et comme aucune des trois n'arrivait à trouver un sujet de conversation digne de ce nom, Carla imposa :
Bon, et bien on va aller aux WC !
Anaïs et Louise se regardèrent en souriant, et dans un même ensemble, elles suivirent Carla jusqu'au lieu insalubre qu'on appelait toilettes. Plus personne ne s'y rendait, et la porte était toujours fermée à clef. Mais ouvrir une porte fermée à clef n'était pas très dur, et d'un coup de pied, Carla nous en fit la démonstration. La plupart des gens n'avaient jamais compris la manie qu'avaient le groupe d'aller ici pour discuter. Quand les trois filles leurs expliquait que ce lieu incitait à la conversation, ils rigolaient d'un air entendu, sans chercher plus loin. C'est ainsi que Louise et ses amies avaient toujours été seule ici depuis au moins trois ans. Mais bien sur, elles ne passaient pas leur temps à bavarder, comme elles le racontaient à tort et à travers. En fait, en sixième, elles avaient découvert que les murs fins du collèges laissaient passer les voix, pour peu qu'on tende l'oreille. Et les toilettes étaient... Juste à côté de la salle des profs ! C'est pourquoi, depuis longtemps, elles passaient leur récré à épier les enseignant qui ne s'étaient jamais doutés de rien...

Anaïs commença à plaquer son oreilles contre le mur, et Louise fit de même. Carla, quand à elle, préférait rester debout, et entendre tout le ragots croustillants de la bouche de ses amies. Louise se concentra, et très vite elle entendit de nombreux bruits, plusieurs conversations, des rires, et aussi beaucoup moins fort la principale, qui discutait avec la documentaliste. Cette conversation ne l'intéressait pas, elle se concentra donc sur la voix de Mr Nardent, qu'elle venait d'entendre. Il parlait avec un autre homme, sûrement un remplaçant, car elle ne le connaissait pas. Leur prof de français discourait de manière totalement différente du cour, et Louise tendit l'oreille :
Michael ! Je te cherchais ! Alors, ta première journée ici c'est bien passée ? Comment trouve tu notre petit collège ?
… Petit. Non, je plaisante ! Disons que certains élèves mériteraient sûrement mieux que de se retrouver ici, et que d'autres...
Je voix ce que tu veux dire. On se demande parfois ce que certain élèves font ici, et si ils n'auraient pas mieux fait de rester chez eux. Quand aux bons élèves...
Louise sentit son dos se glacer. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait l'étrange impression qu'il allait évoquer l'épisode qui s'était déroulé ce matin. Elle eut sa réponse très vite, car Mr Nardent continua :
J'ai l'impression que certain sont en train de se laisser aller, à force de fréquenter ce collège.
Pourquoi ?
Tu as déjà eu les 3A en cours ? Louise Merridine, ça te dit quelque chose ?

Louise s'écarta aussitôt du mur. Elle n'allait pas écouté ce que son prof de français avait à dire à son collègue sur elle, car elle pourrait en lui en vouloir ensuite, et elle ne voulait pas tout gâcher, par exemple en se remettant en colère comme l'heure précédente. Elle décida plutôt de réfléchir à qui pouvait être ce nouvel enseignant. En tout cas, il était sûrement très proche de Mr Narden, puisqu'ils s'appelaient par leurs prénoms, et ressemblaient à des vieux amis qui ne s'étaient pas parlés depuis longtemps. Michael... Elle se demanda sérieusement qui il pouvait être, même si en elle même elle ne voyait que le prof de musique qui était nouveau, et que donc il y avait de fortes probabilités pour que l'heure suivante se déroule avec lui. Et si c'était vraiment la cas, elle partait d'entrée avec une super mauvaise réputation.

Soudain, la sonnerie... Sonna. Original, n'est-ce pas ? Bref, les trois filles montèrent d'un pas tranquille au troisième étage, ou se trouvait la salle de musique, une pièce qui sentait le renfermé, et qui était recouverte de moquette qui n'avait plus de couleur à force d'avoir été piétinée pas tout les temps. Le reste de la classe était déjà à peu près rangée, et elles n'eurent qu'à s'insérer dans les rangs pour passer inaperçues. Puis le prof de musique arriva. Instantanément, elle le trouva très jeune. On aurait dit qu'il n'avait que quelques années de plus que nous, même si il brillait d'une maturité qu'il n'aurait pas due avoir. La plupart les garçons ricanèrent, car si c'était réellement un prof tout juste sortit de l'école de formation, ils allaient tous pouvoir s'amuser à cœur joie... Mais Louise avait appris à ne pas juger les apparence, et ainsi, elle décida de laisser une chance à ce nouveau, avant de dénigrer totalement son cour...

Toute la classe entra dans la salle, et elle s'arrêta un instant pour contempler le piano droit qui trônait au milieu de la salle. Il ne sonnait pas très bien, mais elle avait appris depuis trois ans à l'apprécier, et sans lui, la salle de musique ne serait vraiment plus la même. Puis, elle fit comme les autres, et prit une place aléatoirement, à côté d'Edwige, une fille avec qui elle s'entendait relativement bien. Deux minutes passèrent, et dans la classe on n'entendait d'un brouaha indescriptible. Louise se demanda alors ce que faisait le prof. Il était assis sur sa chaise, tranquillement, et faisait comme si de rien n'était... Jusqu'à ce qu'il se lève, et se racle la gorge. Là, dans un réflexe, elle se boucha les oreilles, avant d'entendre le prof hurler un « Silence ! » très convainquant, qui résonna dans toute la classe. Puis, alors que tout le monde était encore abasourdit, il repris la parole avec le sourire au lèvre, comme si rien ne c'était passé jusque là :
Bien. Je m'appelle Michael Abernet. Je serais le remplaçant de Mme Meylin, le temps de son congé maternité. Veillez vous levez, et vous placez devant le tableau, afin que je vous place dans la salle.
Tout de suite, la petite troupe de troubleurs répliqua :
J'ai pas envie d'y aller, Monsieur... On est bien assis !
En silence !

Son ton ne donnait pas lieu à des contestations, et tous les élèves se levèrent donc pour aller vers le piano. Puis Mr Abernet fit l'appel, et à chaque nom, il attribua une place. Il essaya de faire mixité garçon fille, mais comme il y avait plus de filles que de garçons, Louise garda tout de même un espoir d'être assise à côté d'une amie; Les noms défilèrent, pour finalement arriver à :
Julie Martinaud
Oui ?
Là bas. Louise Merridine ?
Le cœur de Louise se mis à battre plus fort. Elle savait très bien que ce Mr Abernet savait ce qu'elle avait fait ce matin. Elle voyait dans son regard une lueur qu'il n'y avait pas dans ceux des autres, et elle en déduisit donc qu'il avait une mauvaise opinion d'elle. Dans ce cas, elle pouvait dire adieu à ses espoirs de passer inaperçue...
Oui ?
Là bas.

Louise regarda l'endroit que le prof lui montrait du doigt... Et poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle constata qu'elle était assise à côté de Carla. Et bien, la chance lui souriait. Quoi que, en voyant l'air de satisfaction du prof, elle pouvait soudain avoir des doutes quand à sa chance. Ou alors elle devenait carrément paranoïaque... En tout cas, elle avait un cours de musique à suivre, et un mot d'excuse à envoyer. Par précaution, elle décida d'attendre une dizaine de minutes, pour éviter d'avoir des ennuis. Mr Abernet commença son cours, qui en soit était intéressante, mais en pratique ridicule pour Louise, puisqu'elle connaissait tout ce dont il parlait : notes, rythmes, mesures... Des thermes qu'elle avait appris à manipuler depuis qu'elle était petite, et qui maintenant faisaient partie de sa vie. Au bout d'une moment, lassée, elle se décida à prendre un petit bout de papier, et à écrire quelques mots :
« Excuse pour en Français
Je sais pas ce qui m'a pris.
En plus, t'avais raison pour le texte
A+
Louise »

Voilà, c'était court et concis. Faux aussi. Mais bon, ce n'était pas en disant la vérité qu'elle allait faire bonne impression. Elle imaginait déjà la scène : excuse moi, un être maléfique à pris possession de mon corps, et à exprimer tout ma rage... Non, dans ces cas là, il faut mieux caché une partie de la vérité. Louise glissa le mot dans son bouchon de bic vert, et se retourna discrètement pour le passer à Aylin, qui était juste derrière. Celle ci le déplia... Et à cet instant, une main l'interrompit. Mr Abernet, qui écrivait à l'instant au tableau, venait de se déplacer, et de prendre mon mot. Il le déplia en silence, et Louise se mordit la lèvre, un tic qu'elle avait depuis qu'elle était passé par la case orthodontiste. Elle se savait à coup sûre très mal, puisqu'elle avait signé son papier, preuve formelle qu'elle l'avait écrit. Et dire qu'elle espérait améliorer ses relations avec ce prof, qui prit un malin plaisir à le lire devant toute la classe, laquelle répondit pas un silence glaçant. Elle était à fois fière et triste de constater que tout le monde la soutenait, même si cela n'allait en fin de compte pas servir à grand chose. Mr Abernet, ignorant ce silence pesant, annonça d'une voix étrange, différente de celle qu'il avait prise lors de son cours :
Vous viendrez me voir à la fin de l'heure. Et je l'annonce, pour ceux qui ne l'avait pas compris, qu'il est interdit de correspondre par n'importe quel moyen.

Le reste de l'heure se déroula sans encombre, pour Louise comme pour les autres. Pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à sa punition, et surtout à ses parents. Elle n'avait jusque là pas l'intention de leur parler de ce cours de français, mais dans ce cas là, elle ne pourrait pas justifier le mot qu'elle avait envoyé à Aylin... Elle était vraiment mal. Elle attendait et redoutait la sonnerie, car Mr Abernet ne semblait pas être un enseignant qu'on qualifierait de « gentil ». Sa première punition de l'année risquait d'être la pire, et lorsqu'un « Driiiiing » retentit, elle ne pu s'empêcher de sursauter. Après avoir noté les quelques devoirs qu'elle expédierait très rapidement, elle se leva et attendit que tout le monde sorte. En passant, Aylin lui fit un petit signe compatissant, qui voulait aussi sûrement dire qu'elle acceptait mes excuses.

Il ne restait dans la salle que le prof et Louise. D'ailleurs, il semblait écouter quelque chose... Ne voyant pas de réaction, elle demanda d'un ton qu'elle voulu respectueux :
Euh... Monsieur, j'ai un bus à prendre...
Raison de plus pour que je traîne alors ! Aux dernières nouvelles, c'est toi qui est punie.
Et se sera ma seule punition, de rater mon bus ?
Bien sur que non, enfin !
Louise haussa les sourcils : elle n'avait pourtant pas fait grand chose de mal ! Comme l'enseignant ne lui répondait pas, elle demanda :
Mais en fait, monsieur, c'était juste un petit mot, rien de bien grave... Ce n'est pas comme si je vous avais insulté, par exemple !
Mais c'est pourtant ce que vous avez fait, Mlle Merridine !
Quoi ? Je ne vous ai jamais insulté, à part si écrire un mot dans votre cours constitue une insulte, bien sur...
De quoi deviez vous vous excuser au fait ?
D'avoir... Vous le savez bien, de toute façon !

Si un sourire pouvait monter jusqu'aux yeux, celui de Mr Abernet gagnerait le prix que sourire le plus grand, et le plus machiavélique... Louise venait en effet, tout comme son professeur, de se rendre compte qu'elle venait de tomber dans un piège. Elle n'était pas censé savoir ce que les profs racontaient en salle des profs, et elle était en train d'accumuler fautes sur fautes... D'ailleurs, le prof de musique ne se gêna pas pour lui rappeler :
Donc récapitulons. Vous entrez dans une fureur déplacée, vous écoutez dans les toilettes des professeurs, vous écrivez des mots en classe... Rien que pour ça, je pourrais au moins vous coller au moins cinq bonnes heures...
Donc j'ai cinq heures de colles ?
Je n'ai pas dit ça. J'aimerais seulement que vous m'expliquiez exactement pourquoi vous n'aimez pas ce texte de français, et peut être que je passerais j'éponge sur vos fautes...

Ce prof était fou. Il la menaçait de colle, puis lui proposait de passer l'éponge sur tout, à condition d'avoir une explication... Quoi que... Non, pas fou. Malin. Il s'assurait ainsi qu'elle lui disait ce qu'il voulait. Mais en même temps, avait-elle le choix ? Cinq heures de colle étaient beaucoup trop pour qu'elle joue la maligne, elle aussi. Elle soupira, et repris la parole :
Modifier l'histoire pour raconter des fables aussi grotesques que cela... Et aussi, la magie n'a rien a faire dans la préhistoire, et les Trimachin rendent le tout d'un ridicule impressionnant.
D'accord... Donc comme punition,vous cherchez des informations sur les TriAnimus, et vous me rendrez un petit service... Allez voir Léonardo Cumio, qui tient la clé de sol, une boutique de musique à Montbéliard.
Mais... Vous n'avez pas le droit de me demander un service comme sa !
Et vous, vous n'avez pas le droit d'écouter dans les WC...
Soit... Au revoir.

Louise était à la fois furieuse et soulagée. Ses parents n'apprendraient pas cet incident, et elle n'aurait pas de punition... Le meilleur des mondes en soit ! Mais en même temps, elle trouvait louche que sont prof lui demande d'aller dans un magasin de sa part. Même si elle comptait y aller mercredi pour acheter un métronome et des accessoires pour sa flûte, elle se demandait ce qui se cachait là dessous... En tout cas, elle aviserait mercredi. Elle descendit à pied jusqu'à chez elle, elle quand elle rentra chez elle, elle alla un peu sur son ordinateur, où elle dû raconter à toutes ses amies son entretien de musique. Elles rigolèrent toutes de la punition, et lui dirent qu'elle avait de la chance. Mais au fond d'elle même, elle n'en était pas totalement sure...





Suite au prochain épisode. Je vous l'ai mis parce que Calypso ne fait plus l'histoire et vu qu'elle ne veut plus la reprendre peut etre que sous pression...

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MessageSujet: Re: Un roman... Sans titre bien sûr.   Jeu 4 Aoû - 7:41

Lol ^^ C'est quoi ces manigances ?! Merci en tout cas de l'avoir mis aryane ^^ (aryane est ma première lectrice, et elle est très douée pour coriger les fautes ^^) Mais tu as raison, peut être que sous pression....

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MessageSujet: Re: Un roman... Sans titre bien sûr.   Jeu 4 Aoû - 8:01

Merci ^^ En tout cas c'est vachement cool ^^
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MessageSujet: Re: Un roman... Sans titre bien sûr.   Ven 5 Aoû - 8:05

Bon, le chapitre deux, parce que je suis sympa =)
Il est assez court par rapport aux 1 et au 3... Il faut que je me mette à tapper le 4 moi ^^

Chapitre 2 :
--La clé de sol--

Pour la première fois de l'année, on peut qualifier le temps de beau, en ce mercredi 10 mai. 12°, un faible soleil qui éclaire la ville... Mais ici, tout le monde trouve ça beau. Et pourtant, ce mercredi, Louise ne se trouve pas dehors, à savourer des quelques rayons de soleil... Elle se trouve dans le bus depuis une demi-heure, en route pour la clé de sol. Vraiment, il y a de quoi la prendre pour une folle, vraiment ! Surtout pour acheter des accessoires de musiques ! Depuis lundi, elle avait eu le temps de repenser à ce qui s'était déroulé en français. Et elle n'avait pas trouvé une seule raison raisonnable. Juste au contraire un tas d'idées comme par exemple qu'elle était possédée, ou que quelqu'un avait pris le contrôle de son corps durant un court moment. Enfin bref, comme rien ne lui semblait plausible, elle en avait donc déduit que cet incident faisait partit des choses inexplicables de la vie, et elle ne contait pas s'éterniser dessus.

Le bus s'arrêta, et elle descendit rapidement. Elle n'eut ensuite qu'à gravir une petite côte pour arriver au magasin. Elle essayait de ne pas y songer, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser à son prof de musique, qui lui avait dit de venir... Que voulait donc t-il lui monter ? En passant devant la vitrine, elle s'immobilisa. Elle venait de voir quelqu'un dans la boutique avec une allure assez familière. Mais hélas, il avait disparu à travers les étagères de partitions. Louise poussa à porte, et entra. Un carillon tinta, et un homme qui devait avoir la quarantaine, bien portant, apparut. Il la salua, et lui demanda :
Je peux vous aider à trouver votre bonheur ?
Et bien... J'aurais aimé acheter un accordeur et un métronome.
Rien de plus simple ici ! Si vous voulez bien attendre un instant, je vais vous trouver ça.

Une fois le marchand partit, la jeune fille inspecta le magasin. Toujours fidèle à lui même, il contenait d'innombrables partitions rangées dans de grandes et hautes étagères... Enfin, plutôt stockées, puisque pour trouver un titre en particulier, il fallait compter une bonne heure. De plus, des cartons d'objets de musiques trainaient partout. Enfin, un grand bazar. Soudain, elle aperçu un livre pour piano qui dépassait d'une étagère. Curieuse, elle se glissa entre les étagères, pour aller voir cela de plus près. Alors qu'elle réussissait à l'extraire des autres partitions, elle laissa tomber son recueil de partitions avec stupeur. Mr Abernet était là, en train de chercher innocemment une partition... Quelle coïncidence ! Vraiment le hasard faisait bien les choses. Ou alors ce professeur avait des dons surnaturels, et avait prévu l'heure de son arrivée, ou alors elle était en train de devenir paranoïaque...

Comme si il avait entendu son nom, l'intéressé se retourna, et comme si il n'était pas surpris de la voir ici, il lui sourit, sans même un petit air de stupéfaction. Elle entendit alors les pas de Mr Cumio, qui revenait avec son métronome. Louise alla à sa rencontre, plus pour fuir ce sourire désagréable de Mr Abernet, que par pur intérêt pour son métronome. Le propriétaire se trouvait au comptoir, en train de régler le métronome, et de vérifier si il fonctionnait correctement. Louise lui demanda alors d'un ton polie :
Monsieur ?
Oui oui, j'ai presque fini avec votre métronome, plus que quelques minutes...
Je voulais juste vous dire que Mr Abernet, actuellement dans votre magasin, m'a demandé de venir vous voir, mais j'en ignore la raison, et je me disais...
Ah ! C'est vous !
Moi quoi ?

La jeune fille avait l'impression d'être au centre d'un complot dont elle ne savait rien, mais qui en revanche en avait après elle. Mr Cumio était de mèche avec Mr Abernet, qui avait réussi à l'entrainer ici... La question était maintenant de savoir pourquoi.
Allons droit au but, reprit la propriétaire. Vous me croirez ou non. Je ne veux pas vous imposer des vérités qui vous semblerons étranges, mais sachez que justement, comme toutes les vérités, elles sont justes. Il vous suffit juste de les accepter.
Pourriez-vous m'expliquer ? Je ne vous suis pas...
Tenez. Lisez ça, et vous aviserez.

Il tendait une lettre cachetée, qui, sortit du contexte, aurait très bien pu se trouver dans un musée, car son cachet et son papier jaunâtre faisaient plutôt penser à un courrier moyenâgeux. Louise la prit, et la glissa dans sa poche de manteau. Elle la lirait dans le bus, en rentrant. Puis, comme si de rien n'était, Mr Cumio lui tendit son métronome, exactement ce qu'elle cherchait. Cependant, il avait oublié l'accordeur. Elle prit alors sa voix la plus innocente, et annonça au vendeur qu'il avait oublié la moitié de sa commande... Il lui répondit alors qu'il avait oublié, mais son ton incitait plutôt à penser le contraire. Il fit alors quelque chose qui laissa Louise sans voix.
Michael !

Comment Mr Cumio connaissait-il son professeur de musique pas son prénom ? N'était-il juste pas là pou faire un achat, comme elle ? Elle n'arrivait pas à démêler tout le mystère, et il lui semblait que plus elle passait de temps ici, plus elle nageait dans un brouillard de questions sans réponses... Mais lorsque l'intéressé arriva, certains points s'éclaircirent :
Voici Michael Abernet, mon apprenti. Il m'aide dans les petites taches du magasin, car je ne suis plus tout jeune ! S'il te plait, aurais tu le plaisir d'aller me chercher un accordeur pour cette jeune demoiselle ?
Louise resta bouche bée. Son professeur complétait son salaire en travaillant dans un magasin de musique. Elle aurait presque éclaté de rire. Elle savait que les enseignants ne roulaient pas sur l'or, mais quand même ! Bref, il rapporta le matériel très rapidement, et après avoir payé, elle sortit du magasin, et s'installa à l'arrêt de bus, en espérant qu'un bus allait bientôt arriver...

°°°

Vous pensez qu'elle se joindra à nous ? Personnellement, je crois que son esprit est beaucoup trop fermé.
Tu es vraiment pessimiste, Michael. Crois-moi, c'est la curiosité qui la fera revenir. J'ai déjà contacté le Maître pour lui annoncer la nouvelle. Si elle accepte, nous convoquerons un conseil, pour décider de son mentor.
Soit... Mais ses pouvoirs ? Sont-ils puissants ?
Et bien, je peux peut te l'avouer, je n'en sais rien. Il me faudrait mieux la connaître pour te donner ce genre d'informations.
Elle a réussit à entrer en transe seule, elle doit donc être puissante !
Chose facile quand on est en colère. Mais bon, puisque tu insistes, je pense qu'elle a assez de pouvoirs pour être intéressante, mais pas non plus trop, car sinon nous l'aurions repéré plus tôt.
Lorsque vous verrez le Maître, pourriez vous lui dire que c'est moi qui l'ai trouvé ?
Haha ! On dirait un enfant qui cherche à recevoir un cadeau de son père. Mais si tu y tiens, je le lui dirais.
Au fait, maître Cumio...
Oui ? Un souci ?
J'ai un mauvais pressentiment... J'ai l'impression qu'il n'y a pas que moi qui l'ai repéré, au collège.
Tu penses aux Ténébreux ?
Oui.
Dans ce cas, je me renseignerais... Reprenons maintenant l'entrainement.

°°°

Étrangement, lorsqu'il y avait de la neige, les bus trouvaient toujours un moyen de nous amener au collège, sans jamais nous permettre de louper les cours, avec une bonne excuse. Et en revanche, lorsqu'il faisait beau, comme aujourd'hui, ils arrivaient en retard... Mais bon, ils arrivaient quand même, et une fois montée à l'intérieur, Louise n'eut qu'une envie : lire la lettre de Mr Cumio. Pourtant, une partie d'elle refusait d'ouvrir ce message, qui à coup sûr changerait sa vie radicalement. Mais la réflexion ne fut pas très longue : elle disposait de toute façon de son libre arbitre concernant le contenu de la lettre. Elle ouvrit alors l'enveloppe délicatement, et sortit la lettre. Après s'être assurée que personne ne la dérangerais avant la fin, elle lu :

« La clé de sol, quartier général des Brumeux.
A Louise Merridine

Chère amie, sache que ce qui suit est vrai. Je pourrais te le prouver de plusieurs manières, mais tu es libre de refuser ce que je vais t'annoncer, et de partir à jamais loin de nous.
Allons droit au but. Tu connais bien sur les TriAnimus. Et bien, nous sommes des TriAnimus. Moi, Mr Abernet, et bien d'autres. Et plus important encore, tu es une TriAnimus, au fond de toi même. Tu es différente des autres, comme tu as pu le voir en français. Tu peux te métamorphoser, et nous pouvons t'apprendre à la faire. Reviens quand tu veux à la clé de sol, pour que je t'explique plus en détail.

J'espère te revoir bientôt

Mr Cumio

PS : méfie-toi si d'autres personnes se disent TriAnimus, elles peuvent te vouloir du mal. »

Que faire lorsqu'on est face à une lettre comme celle ci ? Louise n'avais qu'une envie : sauter dans un lac, ou s'enfermer dans sa chambre à tout jamais... Elle n'avait pas encire de démêler cette histoire trop grosse. Elle voulais que tout soit resté comme avant, que rien n'ai changé, et que son esprit ne soit pas en train de se disputer pour savoir si oui ou non, elle devait retourner là bas... Car elle en avait envie, vraiment. Elle voulait savoir le fin mot de cette affaire, mais en même temps, elle savait que c'était exactement ce qu'ils attendaient d'elle : qu'elle y retourne, pour ne plus jamais partir. Or elle ne se laisserait pas manipuler comme une poupée de chiffon. Elle effacerait cette lettre de sa vie, et tout redeviendrait comme avant. Oui, elle allait faire comme ça. Et alors qu'elle montait dans sa chambre, elle prit la lettre, et délicatement, elle la déchira un petit morceau, qui finirent dans la poubelle.

°°°

Un bâton tomba sur le sol du magasin. L'homme se tenait la main, et son visage se crispa soudain. Pourtant, il ne mit que quelques secondes à se ressaisir. Il reprit son bâton, lorsqu'une voix lui demanda :
Maître ? Que vous arrive t-il ?
Rien, rien...
Ne me prenez pas pour un imbécile. J'ai passé l'âge des cachoteries.
Il n'y a pas d'âge pour cela. Mais oui, tu as raison. Je viens de ressentir...
Oui ?
Un de mes charmes s'est brisé.
Pas celui que vous aviez...
Si. Celui que j'avais mis sur la lettre destinée à Louise.
Dois-je en comprendre qu'elle a refusé ?
En tout cas, elle a détruit la lettre.
Et en quoi consistait le charme ?
Peu importe maintenant. Tu vas la surveillé au collège, et essayer de l'influencer. Il faut qu'elle nous rejoigne.
Bien sûr.

°°°

Louise n'arrivait pas trouver le sommeil. Comme si elle regrettait ce qu'elle avait fait. Pourtant, elle le savait, elle avait pris la bonne décision. Mais elle n'arrivait pas à dormir. Il était minuit moins dix, et elle avait cours le lendemain... Il fallait qu'elle dorme. Elle ne devait pas revenir sur sa décision. Elle avait décidé de choisir sa voix, de ne devoir son destin qu'à elle même... De vivre sa vie, tranquillement, sans TriAnimus et intrigue grotesques. Elle contait les moutons, mais elle n'arrivait pas à dormir... Pourtant, lorsque finalement minuit sonna, elle dormait.

°°°

Le clocher de la petite ville sonna douze coups. Il était minuit. Le ciel était noir, sans étoiles. Tout laissait penser qu'il allait bientôt pleuvoir. Un corbeau planait doucement dans ce silence. Il volait depuis deux heures, et ses membres étaient endoloris. Pourtant, il ne s'arrêta pas. On lui avait donné rendez-vous au sommet de ce clocher. Et il y serait. Il atterrit lourdement sur le toit surplombant la cloche, et se transforma. Le corbeau était maintenant un homme. Un homme sans aucune trace distinctive, protégé par la noirceur de la nuit. Il ne lui fallu pas attendre longtemps. Un autre corbeau s'arrêta devant lui, et se métamorphosa immédiatement. C'était une femme. Elle aussi se fondait dans la nuit. Les deux visiteurs inclinèrent a tête, puis, après un temps de silence, l'homme pris la parole :
Ou est Neptune ?
Il a eu un empêchement. Je viens à sa place.
Et il est d'accord ?
Bien sur.
Pourquoi m'a-t-on convoqué ici ?
Tu es un Ténébreux. Tu n'as pas à poser de questions, tu as juste à obéir.
Je ne sais même pas qui tu es, femme.
Cristal.
Ah. Alors, quels sont les ordres ?
Neptune veut que tu trouve une dénommée Louise Merridine.
Une Brumeuse ?
Une humaine qui semble avoir des pouvoirs.
Vivante ?
Oui, et en bon état, voire intacte. Tu l'amèneras au quartier général.
Dans ce cas, je m'y attèle...

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MessageSujet: Re: Un roman... Sans titre bien sûr.   Lun 22 Aoû - 7:56

Bon, le chapitre 3, et le dernier pour l'instant xD (le 4 est en cours de tappage)
Chapitre 3 :
– Brûlure –

La semaine venait de passer. Et bien sur, même si celle ci était finie, une autre revenait, comme toujours. Et avec elle, le premier jour, le lundi. Louise avait de nouveau français, et musique. Tout semblait se répéter. Sauf que ce jour là, il ne pourrait normalement rien se passer de bizarre en français, et elle ne répèterait pas le même scénario que la semaine précédente. Non pas parce qu'elle avait réussi à contrôler ses « pulsions meurtrières », comme aimaient les appeler Anaïs et Carla, mais tout simplement parce qu'elle avait devoir surveillé sur la poésie du 20eme siècle. Donc pas de débats, de discours, ou d'autres choses dans le genre. Juste un devoir sur table. Et à part si une envie de crier sur sa feuille la prenait, Louise ne voyait pas comment elle pourrait faire un faux pas.

Carla et Anaïs relisaient désespérément leurs cours, tandis de Louise, pas le moins du monde stressée, regardait le clocher du temple, en essayant de déchiffrer l'heure. En effet, il semblait que le bus soit en retard, et elle voulait avoir confirmation par autre chose que sa montre. C'est alors qu'elle vit un corbeau solitaire qui semblait les regarder. Louise n'était pas superstitieuse, loin de la. Pourtant, à cet instant, elle repensa à tous les livres qu'elle avait lus, et aux présages funestes qu'apportaient toujours les corbeaux, dans les romans fantastiques. Elle n'eut cependant pas le temps d'approfondir sa réflexion, car le corbeau s'enfuit à tire d'aile, et le bus arriva. Heureusement pour les trois filles, elles arrivèrent quand même à l'heure au collège, et en classe de français. Louise s'assit comme à chaque fois à côté d'Anaïs. Cette fois, celle ci ne dormait pas, mais préparait sa feuille de devoir. Et Louise fit de même. Puis, le prof de français annonça le sujet du devoir, une simple invention.
Écrivez à la manière du 20eme siècle un poème sur le bien ou le mal. Vous serez notés sur la qualité de l'écriture, sur l'originalité de votre composition, et sur l'imitation du 20eme siècle.

Louise décida alors de faire quelque chose de très simple, et d'assez court. Pas de rimes, des vers libres, et bien sur, comme sujet, le mal. Au bout d'une heure, elle avait finit, et recopia sur une feuille son poème :

« J'aime
Le mal.
Pas le mal d'une blessure,
Pas le mal d'un petit mensonge,
Ni le mal d'une courte colère.
Non.
J'aime
Le mal
Qui frappe,
Qui tue,
Qui blesse,
Et fait oublier tout autre chose que lui.
Pour moi, c'est comme
Un plaisir
Une liberté
Un rêve
Un loisir.
J'aime
Faire, engendrer, crée, provoquer, attiser, écouter, contempler,
Le mal.
Juste le mal.
Un peu comme le diable...
Sauf que je suis pire que le diable.
Bien pire... »

Elle ne trouvait pas son devoir super, mais bon, elle n'avait pas envie d'en faire plus, ni de recommencer, car elle avait peur de perdre ce petit côté de folie qu'elle avait imprégné dans ce poème... Elle se leva, et apporta sa feuille à Mr Nardent, qui l'accepta d'un petit hochement de tête.

C'est alors qu'elle réalisa que son professeur allait surement la prendre pour une folle, en lisant son poème, alors que les évènements de la semaine précédente étaient encore frais... Mais bon, elle n'avait pas fait ce poème parce qu'elle le pensait, mais parce qu'il était original. En effet, Louise était sûre que tous les autres allaient choisir le bien, et raconter qu'il fallait aider les autres, être généreux, partager, pour procurer de la joie, et faire la paix... Non pas qu'elle soit contre ces idées, mais la jeune fille les trouvaient banales à pleurer, et donc elle n'avait pas eu envie d'en faire un devoir.

A la fin des deux heures, alors que tout le monde se rendait en récré, les trois filles se rendirent aux WC. Pas pour écouter les professeurs, mais plutôt pour écouter de la musique, grâce au lecteur MP4 d'Anaïs. Carla, quand à elle, n'avait pas les moyens de s'en payer un, et les parents de Louise n’avaient jamais voulu qu'elle économise pour une chose aussi « inutile », comme ils aimaient la qualifier. C'était donc Anaïs qui prenait tous les risques, mais pour l'instant, elles ne s'étaient pas encore fait prendre, et elles continuaient donc à transformer les WC en mini discothèque durant les récréations...

°°°

Comme après chaque interrogation qu'il donnait, Mr Nardent faisait le point très rapidement dans la salle des profs. Il sortit toutes ses copies, et les parcourut très vite, histoire d'avoir un aperçu du travail de ses troisièmes. Soudain, une voix familière l'apostropha :
Que fais tu donc, à corriger des copies un lundi matin ?
Ah, Michael ! Tu m’as fait vraiment peur !
Mais en tout cas, tu ne m'as pas répondu.
Je lis juste les devoirs que je viens de donner aux troisièmes sur la poésie... Une matière qui ne t'a jamais vraiment passionnée, n'est-ce pas ?
Mais enfin, tu sais bien que j'ai beaucoup changé depuis que tu m'as eu en élève !
J'ai l'impression que c'était hier... D'ailleurs, c'était en quelle année ?
Euh... Et bien... Je t'avoue que j'ai oublié... Et si l'on changeait de sujet ?
Bon, et bien il faudra que je recherche dans les registres, j'ai vraiment envie de savoir...
Non, non, pas la peine ! Tu n'étais pas en train de lire les copies ?
Oui, et tu m'as interrompu.
Tu m'en laisse une partie, que je regarde si tes élèves sont aussi doués que je l'étais à l'époque ?
Tiens, prends celles là...

Mr Abernet pris la petite dizaine de feuilles désignées par son ami, et commença à lire. Les définitions du bonheur étaient étranges, comme incomplètes. En même temps, les élèves ne savaient pas ce qu'était le vrai bonheur, celui qu'éprouvent les oiseaux lorsqu'ils volent, ou les écureuils lorsqu'ils trouvent une noisette... Ils n'avaient jamais pris leur envol, et essayer de décrocher une étoile... C'est alors qu'il vit la copie de Louise. Et là, ses fantasmes sur le bonheur s'écroulèrent d'un coup. Cette fille, qui manifestait des pouvoirs, parlait du mal comme si elle en était une adepte. Comme si elle était... Non. Il ne fallait pas y penser. Elle n'était pour l'instant qu'une jeune fille en danger, et si les Ténébreux la trouvait avant qu'ils n'aient réussi à la convaincre... Il fallait qu'il la convainque de venir de leur côté, et vite, avant que les Ténébreux n'agissent. Il fallait qu'il trouve des arguments, et agisse, avant qu'elle ne devienne sa pire ennemie...

°°°

Comme elle s'y attendait, le cours de musique passa lentement, et fut d'un ennui incroyable. Si elle l'avait voulu, Louise était sûre qu'elle aurait pu dormir sur la table sans soucis, sans pour autant en souffrir dans sa compréhension du cours. Mais elle ne voulait donner aucun prétexte à Mr Abernet de la garder à la fin de l'heure. Car elle savait exactement les propos qu'il lui tiendrait, et elle tenait absolument à effacer de sa vie cette lettre et ce qu'elle impliquait. Elle contait sortir de la salle dès que la sonnerie aurait sonnée. Malheureusement, tout ne se passa pas comme elle l'avait prévu. Dès que la sonnerie retentit, elle se leva pour sortir. Seulement, Anaïs l'appela, lui demandant de venir l'aider à chercher son stylo, et elle ne put dire non. C'est alors que le prof de musique lui demanda de venir cinq minutes à la fin. Louise sera les dents, mais maintenant que l'ordre avait été donné, elle ne pouvait rien faire d'autre que d'obéir. Anaïs sortit de la salle, et dès que la porte fut fermée, avant même qu'il ne puisse prendre la parole, la jeune fille déclara :
Monsieur, sachez que je n'ai aucune intentions de rejoindre votre secte qui se dit TriAnimus, et qui n'est qu'un groupe mensonger de plus. Je ne changerais pas ma vie pour vous faire plaisir, et apprendre les trucages pour pouvoir me métamorphoser. Vous êtes des fous, et je tiens à ne pas le devenir moi même.
Louise reprit son souffle. Elle avait tout dit d'une traite, mais au moins, les choses étaient claires, et il savait maintenant ce qu'elle pensait. Elle était sûre de lui avoir rabattu le clapet une bonne fois pour toute... C'est pourquoi elle fut surprise lorsqu'il lui répondit :
Tu ne crois en rien, n'est-ce pas ? Il faut des preuves à ton esprit scientifique... Quel dommage que tu ne sois pas plus tournée vers la littérature... Mais bon, soit, regarde.

Et sous ses yeux, son professeur se mit à rétrécir, jusqu'à atteindre la taille d'un oiseau. Puis des plumes blanches poussèrent sur sa peau, et il devint une colombe. L'oiseau de la paix, censée apporter bonheur et sérénité... Sauf que celle ci ne fut accueillie que par un hoquet de stupeur de Louise, qui cependant ne dit rien. Puis la colombe redevint un homme. La jeune fille commençait à douter... Effets spéciaux ou réalité ? C'était difficile, mais réalisable, et donc elle n'allait pas y croire. Et elle le lui dit, d'un ton qui l'exaspéra :
Qui me prouve que tout cela n'est pas une série de truquages et d'effets spéciaux ?
Alors dis-moi un animal, et je me transformerais en celui ci.
Soit... Et bien... Disons un mouton.
Elle avait d'abord pensé aux romans de sorcières, dans lesquels les héros demandaient à la sorcière de se transformer en insecte, pour ensuite l'écraser... Cependant, elle n'arriverait à rien en écrasant son prof, sinon à de gros ennuis. Elle pensa alors à un mouton. Il n'y avait pas de raison spéciale, il voulait un animal, il l'aurait.
Un mouton. Transformez-vous en mouton, et alors je reconnaitrais que vous pouvez vous métamorphoser...

Il le fit. C'était impossible, et pourtant, il le fit. Il se transforma en un beau mouton, plein de laine et avec un air innocent. Puis il redevint un humain. Et maintenant, Louise ne savait pas quoi penser. Elle ne pouvait plus nier. Mr Abernet savait se transformer, ou plutôt se métamorphoser. C'était un TriAnimus. Pourtant, alors que cette vérité naissait au fond d'elle, elle se rendit compte qu'elle n'avait malgré tout pas envie de se joindre à lui. Aucun désir de changer sa vie, aucun désir de vivre les aventures qu'elle savourait sans cesse dans ses romans. Elle ne voyait tout simplement pas à quoi la mènerait le fait de savoir se métamorphoser dans une société comme la sienne, ou tout tournait autour du naturel, et non des illusions et des superstitions. Elle n'avait pas envie de quitter ses parents, et sa vie normale. C'est ainsi qu'après avoir respiré un bon coup, elle annonça :
Même si vous êtes un TriAnimus, moi, je ne suis pas comme vous. Je ne changerais pas ma vie. Je ne veux pas des dons que vous m'offrez. Offrez-les à quelqu'un d'autre, mais pas à moi.
Mais tu n'as pas compris ? Les pouvoirs sont innés, et tu les possèdes, que tu le veuilles ou non ! Tu n'as pas d'autres issues que de nous rejoindre !
Non !!
Louise sentait que Mr Abernet était en colère. Son ton, qui était auparavant posé, devenait agressif, et ses joues viraient au rouge.
De toute façon, si tu ne nous rejoins pas, tu devras aller avec les Ténébreux. Et crois-moi, entre eux et nous, le choix est vite fait !
Je ne comprends pas.
Il y a le bien, nous, les Brumeux, et il y a le mal, les Ténébreux. Nous sommes le bien. Si tu ne viens pas avec nous, tu devras affronter seule le mal !
Et imaginez que je veuille être avec le mal ?

Il y eut un grand silence. Bien sûr, Louise n'aurait pas rejoint le mal plutôt que le bien. Mais la joie de voir l'effet de sa réplique sur son professeur lui enleva toute la culpabilité du mensonge. Mr Abernet semblait stupéfait, et quand il reprit la parole, sa voix semblait ailleurs.
Dans ce cas, attend-les. Ils ne tarderont pas à te faire eux aussi une offre.
Et que croyez-vous ! Je vous ai déjà dit que je me fichais des TriAnimus, des Brumeux, des Ténébreux, je veux juste être moi même ! Je répondrais la même chose aux Ténébreux : Non !
Petite idiote !
Louise sursauta. La voix du prof de musique était venimeuse, et elle sentit soudain un frisson de peur la saisir.
Moi aussi, il y a deux ans, j'ai dit non. Et regarde ce qu’ils m’ont fait !

L'enseignant, qui était en chemise blanche, releva sa manche gauche. Sur son bras, on pouvait voir des traces noires qui longeaient les veines. Parfois, celles ci se croisaient, pour former des ronds d'une couleur plutôt rouge, comme des cicatrices qui n'arrivaient pas à disparaître. C'était assez horrible à voir, comme si le bras qu'elle voyait avait perdu son humanité, pour ne devenir qu'un morceau de chaire grillée... Louise sortit en courant de la salle. Elle en avait assez vu. Elle continua à courir dans les couloirs du collège. Elle venait de plonger dans quelque chose de trop profond, qu'elle ne pouvait pas gérer. Ce n'est qu'après avoir franchit la grille qu'elle se remit à marcher. Elle se fichait de ce qui allait arriver. Elle voulait juste retourner chez elle, et s'effondrer sur son lit pour pouvoir pleurer.

Elle était à mis chemin lorsqu'elle sentit une présence dans son dos. Elle se retourna. La rue était déserte. Pourtant, elle était sûre de ne pas avoir rêvé. Elle reprit sa marche, d'un pas plus lent, l'oreille aux aguets. Mais elle avait toujours ce même malaise, cette impression d'être suivie. Elle se retourna vivement. Toujours rien. C'est alors qu'elle pensa au ciel. Elle leva la tête. Rien. C'était vraiment frustrant. Soudain, elle vit un corbeau qui planait dans le ciel calme. Rien d'étrange, rien de surnaturel. C'était juste un corbeau. Pourtant, Louise avait l'impression que quelque chose clochait. Surement parce que... Le corbeau avait un œil d'un bleu resplendissant. Or elle n'avait jamais vu des corbeaux avec de tels yeux. C'est alors qu'un mot apparut dans son esprit : TriAnimus. Et une phrase qui l'accompagnait :
« Méfie-toi des autres personnes qui se disent TriAnimus. Elles peuvent te vouloir du mal. »
C'était le post scriptum de Mr Cumio. Le corbeau était surement un Ténébreux, comme les appelaient Mr Abernet. Elle se souvint alors de la marque sur son bras gauche, et elle regarda sans le vouloir le siens. Avait-elle envie d'avoir la même marque ? Non. Elle n'avait plus beaucoup de choix. Elle devait aller à la clé de sol, où elle serait surement en sécurité le temps que les Ténébreux abandonnent sa recherche. Il ne fallait pas grand chose : juste un coup de pouce du destin, pour que le bus arrive avant que le corbeau ne soit trop près... Et heureusement pour elle, ses désirs furent exaucés, puisqu'un bus arriva...

Une demi-heure plus tard, la jeune fuyarde descendit du bus. Elle ne savait pas si oui ou non elle avait semé le corbeau, mais par précaution, elle se mit à courir vers le magasin. Elle n'entendit pas l'imperceptible bruissement d'ailes, mais en revanche, elle sentit les pas qui couraient derrière elle, et, alors qu'elle aurait pu courir de toutes ses forces jusqu'à la boutique, elle se retourna, pour voir qui la poursuivait. C'était un homme, qui devait avoir moins de trente ans. Une courte barbichette, des cheveux coiffés en brosses... Il ne se distinguait pas particulièrement du commun des mortels, et pourtant, lorsqu'il parla, Louise sentit qu'elle avait commis une erreur en s'arrêtant pour le regarder.
Tu es une TriAnimus. Suis-moi. Je t'offre le pouvoir de métamorphose, le seul pouvoir véritable, celui du mal. Le veux-tu ?
Elle ne répondit rien. Que répondre à ceci ? Il ne lui restait qu’une chose à faire : courir vers le magasin. Elle n'avait aucune illusions quand à ses chances de réussites. L'homme courait plus vite qu'elle, et il la rattraperait avant qu'elle n'ai fait trois pas. Pourtant, elle devait essayer, pour au moins se dire qu'elle avait tout tenté... Le magasin s'approchait trop lentement, et les pas derrière elle se faisaient plus pressants... Elle réalisa qu'elle avait vu juste : elle n'y arriverait pas. L'homme l'empoigna par le bras. Elle essaya de se débattre, mais il la serait fort. Tandis qu'elle essayait tant bien que mal de s'échapper, il annonça :
Je prends dons ça pour un non. Pourtant, je t'avoue qu'en fait, ta réponse importe peu. Reformulons donc la proposition. Suis-moi, sans discuter. Ou alors je serais obligé d'user de la force.

Louise n'avait rien à faire. Elle aurait dû arrêter de se débattre, mais c'était comme si son instinct de survie avait pris le dessus. Et alors que son ennemi semblait méditer, la poigne qui la maintenait semblait de plus en plus forte, comme pour s'assurer que toute fuite serait impossible. L'homme dit alors entre ses dents :
Tu es vraiment une petite teigne... Dommage, tu viens toi même de te condamner...
La jeune fille eu juste le temps de voir la main libre du Ténébreux fuser vers son poignet droit. Puis, elle ressentit une douleur si vive qu'elle s'effondra, ayant perdu connaissance.

°°°

Elle fit un drôle de rêve. Elle voyait un homme qui se faisait attaquer par un corbeau gigantesque. Puis un taureau arrivait. L'homme disparaissait. Et le corbeau devenait un vieil homme, et le taureau un être encapuchonné. Elle le vit s'avancer vers elle...

°°°

Elle se réveilla en sursaut. Elle cria peut être. Elle n'en était pas sûre. Elle voyait un peu flou, et avait une sorte de vertige. Elle était allongée dans l'herbe, et le vieil homme, Mr Cumio, était assis à côté d'elle. Quand à l'homme ou la femme encapuchonnée, il était debout, comme si il regardait quelque chose de lointain. Il se tourna vers la jeune fille, et parla d'une voix grâce à laquelle elle sut que c'était un homme :
Tu as eut beaucoup de chance. Heureusement pour toi que j'ai choisi d'avancer mon arrivée... Je vous la laisse, Maître Cumio. Je dois quand à moi régler certains détails.
Et il disparut. Mr Cumio se releva, et se dirigea vers le magasin, pour chercher quelque chose. Quand à Louise, elle était allongée sur le chemin qui menait à la clé de sol, et la position n'était pas spécialement confortable. Elle essaya de se redresser, mais son corps protesta violemment. Elle sera les dents, et pris appuie sur sa main droite pour se relever. Grave erreur, puisque qu’une onde de douleur se propagea depuis son poignée. Et malgré elle, elle replongea dans l'inconscience.

Cette fois, elle ne rêva pas durant son inaction. Mais quand elle se réveilla, son poignet était bandé, et elle avait un bandage autour de la tête. Elle regarda autour d'elle pour voir où elle se trouvait. Elle ne reconnaissait rien. Elle était sur une banquette moelleuse, et la pièce qui l'abritait était totalement vide. Pas de fenêtres, juste un luminaire, et une porte qui venait de s'ouvrir sur Mr Cumio. Celui ci avait un sourire dans joie, et il apportait une chaise qu'il posa à côté de son lit improvisé. Il s'assit, et commença à parler.
Je ne sais pas si je dois me réjouir ou non...
Pourquoi ?
Et bien, tu n'es pas aux mains des Ténébreux. Mais vu ton état...
Et si vous me racontiez pourquoi je suis ici, avec des bandages partout ?
Version longue ou courte ?
Longue, de toute façon, je n'ai pas grand chose d'autre à faire.
Tu es donc descendue du bus. Là, le corbeau qui te suivait et qui était, comme tu l'as deviné, un Ténébreux, s'est transformé en un homme. Il t'a demandé de te joindre à lui, et tu as refusé. Alors que tu courais, il t'a rattrapé et t'a infligé un supplice du feu sur ton poignet droit, qui est maintenant momentanément inutilisable. Tu t'es évanouie, et l'homme, Brûlure, s'apprêtait à t'emmener lorsque le Maître est arrivé, et lorsque je suis sortit de la boutique, car je t'avais entendu crier. Nous l'avons neutralisé, mais lorsqu'il t'a lâchée, tu es retombée sur la tête. Le Maître est ensuite partit pour des affaires personnelles, et j'ai tenté de te soigner de mon mieux, même si j'attends son retour et son aide avec impatience. Alors... Des questions, bien sûr...
Oui. Qui est le Maître ?
C'est le chef des Brumeux. Personne ne sait son nom, et nous l'appelons le Maître.
Ce n'est pas un nom, Brûlure.
Si, chez les TriAnimus, c'est un nom. Je t'expliquerais une autre fois.
Quelle heure est-il ?
13h45 environ.
Mais je dois être en cours normalement ! Mes parents vont s'inquiéter !
Nous leur avons dit que tu n'avais pas cours l'après midi, et que tu étais chez une amie. Mr Abernet s'est arrangé avec le collège.
Que vais-je devenir ?

Car maintenant, Louise savait qu’ils ne la laisseraient plus refuser leurs offres. Et elle n'avait pas envie de subir une nouvelle fois ce qu'ils appelaient un supplice du feu. Il aurait été idiot de sortir à découvert, dans la rue... Et puis, ils lui avaient sauvés la vie... Elle avait comme une sorte de dettes envers eux.
Dans l'immédiat, il serait préférable que tu restes là, pour te reposer en attendant le Maître. Ensuite... Je sais que tu vas trouver cela cruel, mais je pense qu'il faudrait mieux que tu ne retournes jamais chez tes parents.
Quoi ?!
Les Ténébreux chercheront à se venger et à te pousser à venir à eux. Et le meilleur moyen de pression qu'ils ont, c'est tes parents. Il vaut mieux qu'ils ne sachent pas où tu habites...
Louise se sentit soudain très lasse. Elle ne pouvait rien faire contre les TriAnimus. D'un côté des Ténébreux qui tueraient pour obtenir gain de cause, et de l'autre, les Brumeux, qui faisaient tout pour la persuader. Elle était prise en étau. Elle ne pouvait rien faire d'autre qu'obéir.
Je sais que c'est assez dur...
Beaucoup même !
D'autres questions, ou je te laisse dormir ?
Une dernière. Quelqu'un supplice du feu, exactement ?
C'est une marque noire, qui, quand elle est posée, fait l'effet d'une brûlure au fer rouge, mais en pire.
Et... Mr Abernet en a une ?
Michael ? Oui, malheureusement.
Et quand fais-je pouvoir utiliser mon poignet ?
Je ne sais pas... Maintenant, repose-toi jusqu'au retour du Maître.

Mr Cumio se leva, et sortit de la pièce. Louise ressentait comme un grand soulagement de voir disparaître le propriétaire du magasin. Il l'exaspérait. Il lui demandait de renoncer à tout ce sur quoi reposait sa vie, et elle ne pouvait pas accepter. Pourtant, juste avant que la porte ne se ferme, elle se sentait résignée, prête à accepter son sort... Étrange. Ou alors elle changeait d'état d'âme d'une seconde à l'autre, ou alors il y avait du surnaturel là dessous. Mais en tout cas, elle n'avait maintenant plus qu'une envie de désobéir. Mais il y avait quand même un gros problème de taille : elle pouvait à peine bouger, et sentait son esprit s'enfuir vers le pays des songes, sans rien pouvoir faire pour l'arrêter...

°°°
Elle était devant sa maison. Elle voyait ses parents, souriant. Son père la regardait avec son regard mi-amusé, mi-sévère, et sa mère la contemplait avec tendresse. Ils agitaient tout deux la main, pour lui faire signe de venir les rejoindre. Louise voulait avancer, et les rejoindre, mais une main la tenait. En se retournant, elle constata que c'était l'homme encapuchonné de son précédent rêve. Elle avait deviné qu'en fait, il s'agissait du Maître, comme l'appelait avec vénération Mr Cumio. Soudain, ses parents changèrent d'expression. Ils étaient horrifiés, et criaient. Ils suppliaient, pleuraient, mais rien ne changeait, sauf la maison, en arrière plan, qui prit feu. Louise était impuissante. Le Maître l'empêchait d'agir. Il n'y avait plus de maison, juste ses parents, debout, comme des statues. Puis, ils disparurent. C'est alors qu'elle sentit l'étreinte sur son bras se relâcher...

°°°

Louise se réveilla brusquement. Elle avait encore rêvé. Où étaient ses parents ? C'est alors qu'elle se rappela l'endroit où elle se trouvait. Il fallait qu'elle oublie ses divagations, pour se concentrer. Elle calma petit à petit sa respiration, et tendit l'oreille. Des bouts de conversations trainaient souvent un peu partout, et avec un peu de chance, elle pourrait capter des informations qui l'éclaireraient un peu. C'est alors qu'elle entendit la voix de Mr Cumio, qui discutait avec un autre homme.
Alors, Léonardo, as-tu vu si elle a des pouvoirs ?
Non, répondit Mr Cumio. Je n'arrive pas à mesurer son pouvoir. Je vieillis, tu sais... Bientôt, la totalité de mes pouvoirs disparaîtra. De plus, je t'avoue qu'avec toute la douleur qui émanait d'elle, il était difficile de ressentir du pouvoir...
Pourquoi ? Il me semblait pourtant que sa blessure à la tête n'était pas importante.
Non, c'est le poignet qui provoque la douleur. J'ai l'impression que les pouvoirs de Brûlure on encore augmentés...
J'irais voir ce que je peux faire. Léonardo, j'ai convoqué le conseil. Ils seront là demain, pour qu'on lui trouve un maître.
Il fallait qu'on lui trouve un maître... De quoi parlaient-ils ? On ne l'avait jamais avertie qu'il lui faudrait un maître... Encore quelque chose qu'ils avaient omis de lui dire.
Et ses parents ? Vous avez laissé une lettre, ou quelque chose ?
Ils sont morts. Brûlure s'est vengé.

Louise étouffa un cri. Morts ? Elle aurait du se livre aux Ténébreux. A cause de son orgueil, ses parents étaient morts... Elle ne pu empêcher les larmes se couler ses joues. Comment étaient-ils morts ? Comme dans son rêve, brûlés avec la maison ?
Et... Où est Louise selon la version officielle ?
On a retrouvé son corps avec celui de ses parents.
Donc elle n'existe plus.
Oui.
La jeune fille n'existait plus. Ses parents étaient morts. Elle était morte. Oui. Pourquoi ne pas se tuer, là, à l'instant ? Elle n'aurait pas à faire le deuil, à être une marionnette pour les Brumeux, et à souffrir. Oui, mais elle n'en avait pas le force. Elle ne pouvait pas bouger, pas se tuer, juste écouter.
Bref, et sinon, ça se passe bien avec Michael ?
Impeccable. Il est un excellent apprenti, et malgré ses dix-sept ans, je pense qu'il est bientôt prêt pour suivre sa propre voix.
Là, Louise sursauta. Juste dix-sept ans ? Comment pouvait-il être prof à dix-sept ans ? C'était impossible... Elle lui aurait donné vingt-deux ans, pas moins... Après un grand silence, comme si les deux adultes réfléchissaient, l'homme repris :
Au fait, j'ai fait un test d'ADN sur les cadavres trouvés dans la maison, et...
Oui ?
Elle est réveillée.

Comment avait-il pu savoir qu'elle était réveillée ? Elle n'avait pas l'impression d'avoir fait beaucoup de bruits. Ils avaient peut-être des supers pouvoirs, et un super ouï... Parce qu'en fin de compte, elle ne savait rien des TriAnimus. Juste qu'ils se métamorphosaient. Il était fort probable qu'ils aient d'autres dons.
Je te raconterais plus tard. Allons voir ce poignet, puis, avec Michael, si tu as envi, nous ferons un petit vol de nuit...
Je lui proposerais. Quand à moi, aucun problème, voler sous les étoiles m'a toujours fasciné...
Louise fixais la porte. Elle avait les yeux en feu, et avait une envie furieuse de pleurer à nouveau, mais elle ne voulait pour rien au monde leur montrer sa peine. Elle voulait juste être seule, sans que rien au monde ne la dérange.
La porte s'ouvrit, et Mr Cumio entra avec l'inconnu encapuchonné de son rêve. C'était surement le Maître. Soudain, la jeune fille eu l'impression que toute sa peine avait disparu. Les larmes qu'elle avait eu envie de verser quelques secondes avant lui semblaient soudain enfantines, et elle se sentait... Bien. Le Maître s'approcha d'elle, et enleva le bandage qu'elle avait au poignet. Comme Mr Abernet, des trais noirs parcouraient son poignet, et sa peau était légèrement brûlée un peu partout. En tout cas, si jamais il devait rester à jamais comme ça, elle allait surement devoir se mettre à la mode qui voulait que les filles aient des bracelets partout sur les bras, pour que sa blessure reste invisible...
Je pense que d'ici deux mois, elle pourra réutiliser son poignet de manière normale... Vous avez fait du bon travail, je ne peux rien faire de plus, je ne suis pas médecin, heureusement d'ailleurs, annonça le Maître.
Il avait une voix grave, comme dans son rêve... Qui finalement n'en était peut être pas un. Elle voulait demander comment allaient ses parents, s’ils étaient vraiment morts... Mais ses paroles restèrent bloquées dans sa gorge, et les deux hommes ressortirent sans qu'elle n'ai prononcé un mot.

°°°
Tu es vraiment un incapable !
Une rencontre sur le toit du clocher. A minuit. Rien de plus banale. Encore une femme et un homme. Tout se répétait.
Nous t'avions juste demandé une fillette sans maîtrise, et tu es incapable de nous la ramener ! Neptune va être furieux... Et crois moi, ta punition va être à la hauteur de ta sottise, Brûlure ! Donc d’une extrême dureté.
L'homme baissa la tête. Son regard était plein de rage, et il se retenait de sauter sur celle qui se croyait supérieur à lui. Pourtant, quand il répondit enfin aux reproches qui lui étaient adressés, sa voix était posée.
Pourquoi Neptune s'intéresse t-il à cette fille ? Quelle rejoigne les Brumeux, et voilà ! Elle n'a même pas de grands pouvoirs, sinon elle aurait pu éviter ma brûlure.
La femme bougea alors étrangement, et une main apparût sur la gorge de l'homme. Puis elle susurra d’une voix diabolique :
Tu poses trop de questions. Tu es un Ténébreux. Tu obéis, point. Là, tu as faillit, à mon plus grand bonheur, et donc, tu seras puni. Des questions ?
L'homme se dégagea, et répondit :
Toi aussi, tu as en quelque sorte faillit. C'est toi qui as donné les ordres. Je pourrais très bien dire que ces ordres n'étaient pas clairs, ou totalement faux.
Tu ne ferais pas ça...
Et pourquoi donc ? Qu'est-ce qui m'en empêche ?
Un rire maléfique retentit dans la nuit.
Qu'est-ce qui t'en empêche ? Rien, en effet ! Mais vas-y, fais, et nous verrons alors... Mais à ton avis, qui croira Neptune ? Moi, un maître et son amante, ou toi, un simple Ténébreux qui a tué les personnes à interroger ? Bon, alors arête un peu ton cinéma. Je suis Cristal, souviens toi ! Et demain, je me ferais un plaisir d'annoncer ta sentence au conseil...
Il y a conseil demain ?
Oui, et je pense qu'il serait bien que tu y sois, pour recevoir ta punition en directe !


_________________
Jeune blanc bec repue de ta gloire,
Victime de la mode !
Pauvre barbare fougueuse et tendre
Qui touche à mes lauriers...


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Un roman... Sans titre bien sûr.
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